Cet article est issu du magazine Architecture Hospitalière N°57/58
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L’architecture de santé à l’échelle internationale

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L’architecture de santé à l’échelle internationaleBranche santé du groupe Unanime, UNHI se distingue par sa vision novatrice de l’architecture hospitalière, axée sur l’adaptabilité, la bienveillance et l’innovation. Avec plus de 20 ans d’expérience, l’agence réunit des experts chevronnés et des jeunes talents pour façonner les hôpitaux de demain.

Présente à l’international via le groupe Unanime et sa filiale Unanime-Golf au Moyen-Orient, UNHI s’engage dans des projets ambitieux, tout en relevant les défis liés à l’adaptation aux réglementations locales et aux diverses cultures. Cette expertise française, centrée sur le bien-être humain et l’expérience utilisateur, constitue un atout distinctif sur la scène internationale. À travers ses réalisations dans les Pays du Golfe, UNHI innove en concevant des infrastructures médicales de pointe, intégrant les dernières avancées technologiques telles que l’intelligence artificielle et la robotique. Son expansion internationale se poursuit avec ambition, tout en maintenant un engagement envers la qualité et l’innovation. UNHI s’affirme ainsi comme un acteur majeur de l’architecture de santé à l’échelle mondiale, contribuant à façonner un avenir où excellence, innovation et humanité se conjuguent pour le bien-être des patients et des professionnels de santé à travers le monde.

Entretien avec Didier Garcin, architecte associé du groupe Unanime, président d’UNHI et Pierre Sfeir, associé du groupe Unanime à Bahreïn.

Comment est implanté UNHI et le groupe Unanime sur la scène internationale ?

UNHI est la branche santé du groupe Unanime. Nous nous déployons à l’international principalement à travers nos initiatives santé pilotées par l’agence de Bahreïn, désignée sous Unanime-Golf. Cette entité joue un rôle clé dans la promotion et le développement des projets de santé à l’étranger. Bien que les contrats soient conclus sous l’égide d’Unanime, l’expertise d’UNHI apporte un soutien significatif, en particulier dans la conception et la mise en œuvre des projets. Cette branche permet d’exploiter pleinement nos compétences en matière de programmes médicaux et d’architecture, enrichissant ainsi les projets d’envergure internationale.

Quels sont les défis auxquels UNHI est confronté lors du développement de projets à l’étranger ?

Notre principal défi est l’adaptation à des régulations étrangères qui sont souvent un mélange complexe de normes anglo-saxonnes et américaines en matière de sécurité et de construction. La différence culturelle avec la France constitue un autre obstacle majeur, notamment dans l’approche des clients et dans la gestion des attentes liées aux services hospitaliers. L’importance de la famille et de la communauté dans certains pays musulmans impose des exigences spécifiques sur la conception des locaux. Aussi, nous collaborons avec des clients très exigeants, surtout sur nos projets en Arabie Saoudite, où les établissements de santé conjuguent le luxe des hôtels cinq étoiles avec la fonctionnalité des hôpitaux. Nous sommes constamment dans la réflexion d’adapter le savoir-faire français aux demandes spécifiques de la région.

Quels sont les critères et les processus de sélection que vous utilisez pour choisir les projets à l’étranger, et comment ces projets s’alignent-ils avec la vision et les valeurs de l’agence ?

Nous sélectionnons nos projets internationaux principalement par réponse à des appels d’offres, comme c’est souvent le cas dans le système français. Cela concerne notamment des projets de conception et de réalisation, comme nos premières initiatives en Arabie Saoudite avec des centres de soins avancés et des hôpitaux spécialisés. Une autre partie de notre activité repose sur des contrats directs (gré à gré). Nous avons commencé à exporter notre expertise en santé avec le développement de cliniques de soins de suite et d’hôpitaux psychiatriques pour un groupe français désireux d’étendre sa présence à l’international. Cette approche, axée sur l’expertise et les services français, a non seulement inclus la conception des infrastructures mais aussi le soutien au développement commercial, à la localisation des terrains, etc. Après l’expérience et la crédibilité que nous avons acquises auprès des partenaires locaux, nous avons élargi notre participation à des appels d’offres.

Quelles différences observez-vous dans l’élaboration de projets dans le secteur de la santé à l’international par rapport à la France ?

La principale différence ne réside pas tant dans la phase de candidature ou de recherche de marché, mais plutôt dans la gestion post-attribution. Les maîtres d’ouvrage internationaux tendent à être beaucoup moins structurés qu’en France. Cela se remarque surtout dans le suivi et l’approche client une fois le projet lancé. La véritable divergence apparaît dans la manière de piloter le projet après avoir remporté le marché.

Comment l’expertise française d’UNHI influence-t-elle votre approche sur le marché international de l’architecture de santé ?

Notre expertise française apporte une perspective unique sur le marché au Moyen-Orient, dominé par d’importants consultants américains. Cette rareté peut être perçue comme un avantage, malgré une vision différente de la santé par rapport au modèle anglo-saxon, qui considère le secteur principalement sous un angle commercial. En France, l’approche se concentre moins sur le business et plus sur la conception et l’exploitation à dimension humaine des bâtiments de santé, une notion moins répandue à l’international. Nous valorisons la lumière naturelle et une expérience utilisateur agréable, à la fois confortable et rassurante. Cet accent mis sur le bien-être humain dans nos projets a été favorablement accueilli par nos clients, ce qui valorise notre contribution culturelle dans le domaine hospitalier à l’étranger.

À l’inverse, comment cette expertise internationale vous permet-elle d’enrichir vos projets en France ?

Notre expérience dans la région du Golfe a enrichi notre approche des projets hospitaliers en France en mettant l’accent sur l’hospitalité et le confort. C’est-à-dire penser les hôpitaux comme des hôtels, ce qui contribue également au soin des patients. Ce sont des notions qui deviennent de plus en plus présentes en France et qui influencent la conception des projets non seulement sur le plan médical mais aussi en termes de lieux de vie, d’ambiances et de matériaux utilisés. Par ailleurs, travailler selon différentes réglementations nous a apporté une agilité et une capacité à innover, notamment dans l’adoption de l’intelligence artificielle et de la robotique dans la gestion hospitalière. Ce domaine, qui est au cœur des projets au Moyen-Orient, nourrit à son tour notre savoir-faire en France et permet l’intégration de ces avancées dans nos projets locaux.

Quels sont les autres projets hospitaliers que vous avez déjà menés dans les pays du Golfe ?

Nous avons réalisé plusieurs projets hospitaliers notables. Au Qatar, nous avons conçu des laboratoires dans le cadre de projets à l’Université de Doha il y a huit ans. En Arabie Saoudite, nous avons développé le centre de soins avancés de Neom, une structure hospitalière comprenant des technologies d’imagerie, de salles d’opération et une vingtaine de chambres, conçue principalement pour stabiliser les patients avant leur transfert par hélicoptère. À Abu Dhabi, nous avons travaillé sur un hôpital en intégrant de la robotique pour la réhabilitation physique, un projet commandé par le ministère de la Santé. Nous avons également travaillé sur des projets en phase de conception qui n’ont pas pu être menés à terme en raison de circonstances extérieures à notre contrôle. Nous avons étudié un hôpital psychiatrique à Bahreïn de 120 lits et deux cliniques de soins de suite dans la même région. À Dubaï, une clinique de soins de suite très luxueuse prévue pour environ 220 à 230 lits, a été conçue jusqu’à l’obtention du permis de construire.

Quelles sont les grandes lignes du projet d’hôpital cardiologique que vous concevez en Arabie Saoudite ?

Nous concevons un hôpital cardiologique de 300 lits pour le ministère de la Défense à Riyad, intégré dans une cité médicale réputée et à la pointe de la technologie. Ce projet vise à établir un standard d’excellence en cardiologie pour les décennies à venir, avec des équipements et des technologies avancées, incluant la robotique et l’intelligence artificielle, tant dans les salles d’opération que dans les services de consultation et de chambre. L’hôpital comptera sept salles d’opération, dont deux hybrides et des salles spécifiques pour enfants et adultes, ainsi que huit cath’lab.

Vous travaillez également sur un projet de clinique du sport à Bahreïn…

Actuellement en phase de développement, la clinique du sport marque une première dans la région, n’ayant pas d’équivalent ni à Bahreïn ni en Arabie Saoudite. Cet établissement spécialisé dans la réhabilitation sportive prévoit une centaine de lits et est opéré par VAMED. La clinique s’inscrit dans une zone médicale nouvellement créée et dédiée à divers projets hospitaliers où elle se positionne comme le plan central avec des ambitions d’expansion. Bien que centré sur les sportifs, elle prévoit dans le futur de s’étendre à un public plus large et d’accroître sa capacité jusqu’à 300 lits.

Comment UNHI intègre-t-elle les dernières avancées technologiques, telles que l’IA, dans la conception et la gestion des hôpitaux et des autres infrastructures de santé ?

L’IA fait de plus en plus partie intégrante de nos projets. Nous avons intégré un système de « user experience » à Neom, soutenu par l’IA. Ces technologies offrent un contrôle avancé pour la consultation et l’hospitalisation, pour identifier diverses anomalies dans les images médicales et les résultats de tests. Par ailleurs, notre gestion des déchets est entièrement automatisée, permettant le tri, la compaction, et le recyclage des déchets au sein de l’établissement. Nous utilisons également l’IA pour le suivi post-hospitalisation des patients, leur offrant un suivi à domicile précis. Pour le confort en chambre, elle permet un contrôle automatisé de la température, de l’éclairage, ou des rideaux. Enfin, un système robotique distribue les médicaments directement aux patients depuis la pharmacie, assurant une gestion précise des prescriptions, supervisées par un médecin. Ces technologies s’inscrivent dans notre perspective de constante évolution de l’expérience utilisateur dans nos établissements.

Quels sont vos objectifs à moyen et long terme en ce qui concerne votre développement international au niveau de la santé ?

Nous essayons de regarder du côté de l’Afrique où nous sentons qu’il peut y avoir de bonnes opportunités. Nous restons cependant une PME et l’élargissement de notre présence à l’international présente des défis. Nous restons attentifs aux opportunités potentielles, surtout dans la région du Golfe où nous sommes déjà bien établis et où le développement est rapide. L’Asie du Sud-Est représente aussi une région prometteuse pour nous. Cependant, notre stratégie actuelle ne vise pas l’expansion massive mais plutôt le développement de projets de qualité avec une équipe spécialisée et réactive. Notre élargissement vers de nouvelles régions se fera probablement selon les opportunités qui se présentent.

 

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